L’Agora citoyenne, organisée les 12 et 13 juin par le Parlement européen en coordination avec la société civile européenne, a été une excellente initiative. Elle fait suite à la première rencontre de ce type – l’Agora sur l’avenir de l’Europe – qui s’était tenue en novembre 2007. Cette fois-ci aussi, le thème choisi était d’actualité: la relation entre la société civile et les défis posés à l’environnement. La présence des présidents de toutes les institutions européennes, de Pöttering à Barroso, témoigne de l’intérêt qu’ils portent à la question du changement climatique et à la consultation périodique de la société civile européenne.
Les participants à l’Agora, parmi lesquels était présente une délégation d’une trentaine de militants fédéralistes venant des différentes sections nationales, avaient le choix entre cinq ateliers thématiques distincts: ressources, technologie, solidarité, économie et gouvernance. Ces groupes de travail ont consacré une journée entière aux débats et à la formulation de leurs conclusions, à partir d’un texte d’introduction, par atelier, qui avait été finalisé sur la base de nombreuses contributions écrites. Tâche ardue, puisqu’une synthèse cohérente était attendue.
Ces conclusions sont fort intéressantes et méritent d’être lues, quoiqu’elles ne soient pas, hélas, d’une lecture aisée pour tout le monde. Les conclusions des cinq groupes de travail reflètent toutes une grande préoccupation des participants pour la gravité des défis écologiques et l’urgence d’une approche européenne, voire mondiale. Les cinq groupes de travail sollicitent tant les autorités respectives que les citoyens à prendre leur responsabilité et agir en leur propre intérêt, mais également dans l’intérêt de l’humanité entière.
Sur un thème aussi urgent que complexe, une seule consultation annuelle suffit-elle ? Qu’advient-il des conclusions formulées par l’Agora ? Qu’attend-t-on des institutions européennes et que peut faire la société civile ? La question la plus importante est celle de se demander comment une dynamique positive peut être amorcée entre les deux acteurs, société civile (responsabilité individuelle, comportementale) et institutions (responsabilité législative et normative) ? Un programme commun doit-il émerger ?
Les conclusions des cinq ateliers, qui mériteraient une synthèse et une coordination finale, sont très abstraites et proposent finalement peu d’actions concrètes. Sous leur forme actuelle, elles ont peu de valeur politique. Que les recommandations soient ambitieuses, vu l’état d’urgence, n’étonne personne. Il serait néanmoins utile de joindre, au travail de l’Agora, une indication concernant les priorités à suivre (des pistes d’action) et les moyens nécessaires pour sensibiliser utilement la population.
Ainsi, l’on attend beaucoup des autorités. Sans une assise sociale, une mission ambitieuse comme celle énoncée par les groupes de travail ne réussira jamais. L’étape suivante consiste à élucider l’interaction entre les différentes autorités et la société civile. Dans une société participative cela est important.
Les conclusions des ateliers devraient faire l’objet de réactions motivées de la part de cinq institutions européennes, notamment du Parlement européen, de la Commission et du Comité économique et social européen. Ces réactions devraient convaincre la société civile que les institutions européennes trouvent ce dialogue avec elle réellement enrichissant et utile, et qu’il représente bien plus qu’un geste symbolique ou obligé, sans aucune conséquence. Une réaction démontrerait que cet exercice n’est pas la priorité exclusive d’une seule fraction politique, mais reflète une préoccupation largement partagée.
Enfin, une large consultation de la société civile européenne devrait être organisée sur les conclusions des groupes de travail. Les questions suivantes peuvent être posées : (1) comment les idées clef de l’Agora sont-elles perçues ? (2) quels sont actuellement les moyens disponibles pour la diffusion de ces idées ? (3) lorsque ces idées seront portées jusqu’au citoyen, dans quel cadre plus large pourront-elles être intégrées ?
Voici quelques considérations générales pour valoriser la consultation de la société civile européenne sur les défis écologiques. Que celui qui en reconnaît l’urgence passe le message.
Membre de l’UEF.be (www.uef.be)
Pour plus d’infos sur l’organisation de l’Agora sur le changement climatique et sur ses conclusions, voir le site www.europarl.europa.eu/agora
UEF Belgium delegates at the EP’s Agora on Climate change: Dietrich Hammer, Antonio Anselmi, Franco Pettini, Giorgia Bartoli, Eberhard Rhein, Robert Verschooten, Stéphane Brams, Mme Bilotta, Raoul Pierard, Véronique Pillen, Domenico Rossetti di Valdalbero, Michele Ciavarini Azzi.